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On a retrouvé le mythique « diamant bleu de la couronne »
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Ajouté le 10/25/2012 02:34:00 par lazar_adriana

On a retrouvé le mythique « diamant bleu de la couronne »


 



 

 



C’était un beau mystère, qui mêlait histoire, enquête policière, et diamant maudit : cela fait deux siècles que le mythique « diamant bleu de la couronne », volé en 1792, passionnait les amateurs du genre. La récente découverte d’une bête réplique en plomb de la fameuse pierre, dans les sous-sols du musée d’histoire naturelle de Paris, a permis de faire progresser l’enquête bicentenaire.

Désormais, il n’y a en effet plus guère de doute : le diamant bleu et le diamant Hope, qui scintille dans un musée du Smithsonian, à Washington, ne font bien qu’un : le second a été retaillé à partir du premier.


Lorsqu’il prend la tête du département « minéralogie » du Musée d’histoire naturelle, en 2006, le gémologue François Farge engage un inventaire des collections : c’est un gros boulot, plus de 10 000 échantillons à inscrire dans un fichier numérique. Son équipe se met au travail.


Un jour, fin 2007, son technicien Jean-Marc Fourcault lui signale que la réplique en plomb d’un diamant a été trouvée au milieu de morceaux de plomb naturel, une erreur de classification, donc. Farge descend dans le sous-sol et examine la pièce :



 


Le plomb trouvé par François Farge, (Farges/MNHN)


    « J’ai été submergé lorsque j’ai retourné la réplique et que j’ai reconnu la fameuse ’rose de Paris’, les sept facettes de la taille de Pitau [Jean Pitau, le joailler de Louis XIV, ndlr].

    J’ai aussitôt pensé à la gravure connue du diamant bleu, mais je n’osais y croire. J’en ai pas dormi pendant une semaine, je me réveillais toutes les trois heures pour regarder les photos que j’avais prises. C’était trop beau pour être vrai. »

Pour comprendre l’excitation du chercheur, il faut connaître l’histoire extraordinaire de ce diamant.


En
1668, un grand voyageur, le marchand Jean-Baptiste Tavernier, rapporte d’Inde l’énorme diamant qui est présenté à Louis XIV. Il fait environ 115 carats, il impressionne le roi, qui l’achète. En 1671, Pitau le taille pour en extraire une pierre magnifique de 69 carats, avec des reflets bleu foncé exceptionnels.




Le bijou obtenu est plus gros encore que le « Sancy », jusque là le plus beau diamant de la couronne. Il sera le clou du grand insigne de l’ordre de la Toison d’Or de Louis XV :

 


Grande toison d’or (MNHN)


En septembre 1792, pendant que Louis XVI et sa famille croupissent à la prison du Temple, une bande de bandits s’introduit dans le Garde-Meuble (devenu aujourd’hui l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde, à Paris), et dérobent les bijoux de la couronne. La plupart seront retrouvés, à quelques exceptions près, notamment le fameux « diamant bleu ». Fin du premier acte.


A noter que de multiples légendes absurdes se sont greffées à l’affaire : le prêtre hindou qui aurait dérobé la pierre à la statue de la déesse Sitâ aurait péri sous la torture, le marchand lui même aurait fini dévoré par des chiens sauvages lors d’un de ses voyages en Inde.


C’est pour avoir osé l’emprunter que Fouquet fut lui aussi maudit et termina au cachot (sans parler de Louis XVI et Marie-Antoinette, qui ont également eu quelques pépins).


 
 



Le Hope (Smithsonian Institution)


Un autre beau diamant bleu réapparaît quelques années plus tard, en 1812, à Londres. Il atterrit quelques années plus tard dans la collection du banquier londonien Henry Philip Hope. Personne alors ne le soupçonne d’être le receleur indirect du diamant français volé. Le premier soupçon ne viendra que vers 1850.


Problème de cette théorie : la gravure représentant le diamant bleu, réalisée en 1787, colle mal avec la forme du diamant Hope. En 1988, l’historien Bernard Morel part de l’hypothèse que le dessinateur du diamant n’est pas précis, redessine un peu la gravure de l’époque, et constate que le Hope peut alors « entrer » dans le diamant de la couronne.


Lorsqu’il découvre la réplique en plomb, Farge la pèse, et recalcule son poids « en diamant », et tombe sur 68,3 carats. Ca colle, à un chouïa près. Puis il le fait scanner au laser à Anvers, pour obtenir une image en 3D :



 

Enfin, il rapproche cette image de celle du Hope : « Cela rentrait parfaitement. Même les asymétries correspondent ! »


 

Farge fait enfin fabriquer une réplique en zircone du chef d’œuvre disparu.




« Le diamant Hope provient du diamant bleu, c’est désormais certain à 99,9% », conclut Farge. Si gémologue ne dit pas « 100% », c’est parce que c’est un scientifique sérieux.


Une enquête policière


Restait à comprendre ce qui s’était passé entre 1792 et 1812, entre la disparition du « Bleu de la couronne » et l’apparition du « Hope ».


François Farges et son équipe se font détectives. Ils retrouvent l’étiquette originale du plomb -qui avait été intervertie avec une autre. Elle les dirige vers l’homme qui l’a donné au musée, un certain Charles Achard, joaillier à Paris. Achard a laissé l’indication que le diamant français aurait été possédé par son client, « Mr Hoppe de Londres ».


Hoppe, Hope... nouvel indice.
 

Visiblement, Henry Philip Hope a acheté le diamant après 1792. Charles Achard l’a vu (puisqu’il parle de ses propriétés physiques dans la note retrouvée par Farge) et en a fait une réplique en plomb, comme c’était d’usage à l’époque. Puis Hope a probablement fait retailler la pierre pour éviter que la France ne la réclame (jusque là, on pensait que le banquier l’avait acheté déjà retaillé).


Un beau gâchis : le diamant ne fait plus que 45,5 carats et il a perdu ce qui faisait l’admiration de la cour de Louis XIV : sa taille en « rose de Paris », en sept facettes. Un nombre impair de facettes, tout joaillier vous le dira, c’est la marque d’un travail magistral. Si vous vous vous demandez pourquoi, essayez donc de couper une pizza en sept.


La suite est plus connue, mais pas moins rocambolesque. Le petit neveu du banquier de Londres, Henry Francis Hope Pelham-Clinton-Hope, hérite du diamant puis fait faillite. Sa femme, l’actrice May Yohe file avec un autre homme. Elle expliquera ses déboires futurs par la malédiction du diamant Hope, et écrira même un livre : « The Mystery of the Hope Diamond ».


Au XXe siècle, la pierre passe d’une main à l’autre, négociants ou joailliers : Adolf Weil (Londres), Simon Frankel (New York), Salomon Habib (paris), C.H. Rosenau (Paris), Pierre Cartier (Paris, soupçonné d’avoir inventé les légendes sur la malédiction du diamant), Evalyn Walsh McLean, Harry Winston.
 





Ce dernier en fait don au Smithsonian Institute de Washington. Pour rendre ce don le plus discret possible, Winston l’envoya par la poste, dans une enveloppe kraft. Très bonne publicité pour les services postaux.

Le « Hope » peut-être admiré au Smithonian, dans une pièce réservée. Il sera rejoint dans les jours qui viennent par la réplique en zircone du « diamant bleu de la couronne ».

Mots-clés: Adriana Luxe



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