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mem_gold HORS LIGNE

Femme
48 ans
ardennes
France

Aujourd'hui, je me sens.. en amour en amour
En ce moment… je rêve à…






MEMBRE DEPUIS: 07/17/2009
SIGNE ASTROLOGIQUE: Lion
DERNIÈRE CONNEXION: 12/06/2019 07:34:31






          Joyeuses Fêtes à tous































conte danois
La petite fille aux allumettes







Il faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n'avait rien sur la tête, elle était pieds nus. Lorsqu'elle était sortie de chez elle le matin, elle avait eu de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu'elle eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha après ses chaussures; un méchant gamin s'enfuyait emportant en riant l'une des pantoufles; l'autre avait été entièrement écrasée.

Voilà la malheureuse enfant n'ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes: elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet affreux temps, personne ne s'arrêtait pour considérer l'air suppliant de la petite qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n'avait pas encore vendu un seul paquet d'allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue.Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières: de presque toutes les maisons sortait une délicieuse odeur, celle de l'oie, qu'on rôtissait pour le festin du soir: c'était la Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.

Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d'allumettes, l'enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l'une dépassait un peu l'autre. Harassée, elle s'y assied et s'y blottit, tirant à elle ses petits pieds: mais elle grelotte et frissonne encore plus qu'avant et cependant elle n'ose rentrer chez elle. Elle n'y rapporterait pas la plus petite monnaie, et son père la battrait.

L'enfant avait ses petites menottes toutes transies. «Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts? » C'est ce qu'elle fit. Quelle flamme merveilleuse c'était! Il sembla tout à coup à la petite fille qu'elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre. La petite allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s'éteignit brusquement: le poêle disparut, et l'enfant restait là, tenant en main un petit morceau de bois à moitié brûlé.

Elle frotta une seconde allumette: la lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise: elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes: et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien: la flamme s'éteint.

L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle: l'allumette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une trainée de feu.

«Voilà quelqu'un qui va mourir » se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l'avait aimée et chérie, et qui était morte il n'y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu'on voit une étoile qui file, d'un autre côté une âme monte vers le paradis. Elle frotta encore une allumette: une grande clarté se répandit et, devant l'enfant, se tenait la vieille grand-mère.

- Grand-mère, s'écria la petite, grand-mère, emmène-moi. Oh! tu vas me quitter quand l'allumette sera éteinte: tu t'évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d'oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi.

Et l'enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n'y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c'était devant le trône de Dieu.Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l'encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d'un paquet d'allumettes.

- Quelle sottise ! dit un sans-coeur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ? D'autres versèrent des larmes sur l'enfant; c'est qu'ils ne savaient pas toutes les belles choses qu'elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c'est qu'ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.


Conte d'Andersen



 











 






























conte danois







Quel beau froid il fait aujourd'hui ! dit le Bonhomme de neige. Tout mon corps en craque de plaisir. Et ce vent cinglant, comme il vous fouette agréablement ! Puis, de l'autre côté, ce globe de feu qui me regarde tout béat ! Il voulait parler du soleil qui disparaissait à ce moment.
- Oh ! Il a beau faire, il ne m'éblouira pas ! Je ne lâcherai pas encore mes deux escarboucles. Il avait, en effet, au lieu d'yeux, deux gros morceaux de charbon de terre brillant et sa bouche était faite d'un vieux râteau, de telle façon qu'on voyait toutes ses dents.


Le bonhomme de neige était né au milieu des cris de joie des enfants. Le soleil se coucha, la pleine lune monta dans le ciel ; ronde et grosse, claire et belle, elle brillait au noir firmament.
- Ah ! Le voici qui réapparaît de l'autre côté, dit le Bonhomme de neige. Il pensait que c'était le soleil qui se montrait de nouveau.
- Maintenant, je lui ai fait atténuer son éclat. Il peut rester suspendu là-haut et paraître brillant ; du moins, je peux me voir moi-même. Si seulement je savais ce qu'il faut faire pour bouger de place ! J'aurais tant de plaisir à me remuer un peu ! Si je le pouvais, j'irais tout de suite me promener sur la glace et faire des glissades, comme j'ai vu faire aux enfants. Mais je ne peux pas courir.
- Ouah ! Ouah ! Aboya le chien de garde. Il ne pouvait plus aboyer juste et était toujours enroué, depuis qu'il n'était plus chien de salon et n'avait plus sa place sous le poêle.
- Le soleil t'apprendra bientôt à courir. Je l'ai bien vu pour ton prédécesseur, pendant le dernier hiver. Ouah ! Ouah !
- Je ne te comprends pas, dit le Bonhomme de neige.


C'est cette boule, là-haut (il voulait dire la lune), qui m'apprendra à courir ? C'est moi plutôt qui l'ai fait filer en la regardant fixement, et maintenant elle ne nous revient que timidement par un autre côté.
- Tu ne sais rien de rien, dit le chien ; il est vrai aussi que l'on t'a construit depuis peu. Ce que tu vois là, c'est la lune ; et celui qui a disparu, c'est le soleil. Il reviendra demain et, tu peux m'en croire, il saura t'apprendre à courir dans le fossé. Nous allons avoir un changement de temps. Je sens cela à ma patte gauche de derrière. J'y ai des élancements et des picotements très forts.
- Je ne le comprends pas du tout, se dit à lui-même le Bonhomme de neige, mais j'ai le pressentiment qu'il m'annonce quelque chose de désagréable. Et puis, cette boule qui m'a regardé si fixement avant de disparaître, et qu'il appelle le soleil, je sens bien qu'elle aussi n'est pas mon amie.
- Ouah ! Ouah ! Aboya le chien en tournant trois fois sur lui-même.



Le temps changea en effet. Vers le matin, un brouillard épais et humide se répandit sur tout le pays, et, un peu avant le lever du soleil, un vent glacé se leva, qui fit redoubler la gelée. Quel magnifique coup d'oeil, quand le soleil parut ! Arbres et bosquets étaient couverts de givre et toute la contrée ressemblait à une forêt de blanc corail. C'était comme si tous les rameaux étaient couverts de blanches fleurs brillantes. Les ramifications les plus fines, et que l'on ne peut remarquer en été, apparaissaient maintenant très distinctement. On eût dit que chaque branche jetait un éclat particulier, c'était d'un effet éblouissant. Les bouleaux s'inclinaient mollement au souffle du vent ; il y avait en eux de la vie comme les arbres en ont en plein été.



Quand le soleil vint à briller au milieu de cette splendeur incomparable, il sembla que des éclairs partaient de toutes parts, et que le vaste manteau de neige qui couvrait la terre ruisselait de diamants étincelants.
- Quel spectacle magnifique ! s'écria une jeune fille qui se promenait dans le jardin avec un jeune homme. Ils s'arrêtèrent près du Bonhomme de neige et regardèrent les arbres qui étincelaient. Même en été, on ne voit rien de plus beau !
- Surtout on ne peut pas rencontrer un pareil gaillard ! répondit le jeune homme en désignant le Bonhomme de neige. Il est parfait !
- Qui était-ce ? demanda le Bonhomme de neige au chien de garde. Toi qui es depuis si longtemps dans la cour, tu dois certainement les connaître ?
- Naturellement ! dit le chien. Elle m'a si souvent caressé, et lui m'a donné tant d'os à ronger. Pas de danger que je les morde !
- Mais qui sont-ils donc ?
- Des fiancés, répondit le chien. Ils veulent vivre tous les deux dans la même niche et y ronger des os ensemble. Oua h ! Ouah !
- Est-ce que ce sont des gens comme toi et moi ?
- Ah ! Mais non ! dit le chien. Ils appartiennent à la famille des maîtres ! Je connais tout ici dans cette cour ! Oui, il y a un temps où je n'étais pas dans la cour, au froid et à l'attache pendant que souffle le vent glacé. Ouah ! Ouah !
- Moi, j'adore le froid ! dit le Bonhomme de neige. Je t'en prie, raconte. Mais tu pourrais bien faire moins de bruit avec ta chaîne. Cela m'écorche les oreilles.

- Ouah ! Ouah ! Aboya le chien. J'ai été jeune chien, gentil et mignon, comme on me le disait alors. J'avais ma place sur un fauteuil de velours dans le château, parfois même sur le giron des maîtres. On m'embrassait sur le museau, et on m'époussetait les pattes avec un mouchoir brodé. On m'appelait " Chéri ". Mais je devins grand, et l'on me donna à la femme de ménage. J'allai demeurer dans le cellier ; tiens ! D'où tu es, tu peux en voir l'intérieur. Dans cette chambre, je devins le maître ; oui, je fus le maître chez la femme de ménage. C'était moins luxueux que dans les appartements du dessus, mais ce n'en était que plus agréable. Les enfants ne venaient pas constamment me tirailler et me tarabuster comme là-haut. Puis j'avais un coussin spécial, et je me chauffais à un bon poêle, la plus belle invention de notre siècle, tu peux m'en croire. Je me glissais dessous et l'on ne me voyait plus. Tiens ! J'en rêve encore.
- Est-ce donc quelque chose de si beau qu'un poêle ? reprit le Bonhomme de neige après un instant de réflexion.
- Non, non, tout au contraire ! C'est tout noir, avec un long cou et un cercle en cuivre. Il mange du bois au point que le feu lui en sort par la bouche. Il faut se mettre au-dessus ou au-dessous, ou à côté, et alors, rien de plus agréable. Du reste, regarde par la fenêtre, tu l'apercevras. Le Bonhomme de neige regarda et aperçut en effet un objet noir, reluisant, avec un cercle en cuivre, et par-dessous lequel le feu brillait. Cette vue fit sur lui une impression étrange, qu'il n'avait encore jamais éprouvée, mais que tous les hommes connaissent bien.
- Pourquoi es-tu parti de chez elle ? demanda le Bonhomme de neige. Il disait : elle, car, pour lui, un être si aimable devait être du sexe féminin. - Comment as-tu pu quitter ce lieu de délices ?
- Il le fallait bon gré mal gré, dit le chien. On me jeta dehors et on me mit à l'attache, parce qu'un jour je mordis à la jambe le plus jeune des fils de la maison qui venait de me prendre un os. Les maîtres furent très irrités, et l'on m'envoya ici à l'attache. Tu vois, avec le temps, j'y ai perdu ma voix. J'aboie très mal. Le chien se tut.


Mais le Bonhomme de neige n'écoutait déjà plus ce qu'il lui disait. Il continuait à regarder chez la femme de ménage, où le poêle était posé.
- Tout mon être en craque d'envie, disait-il. Si je pouvais entrer ! Souhait bien innocent, tout de même ! Entrer, entrer, c'est mon voeu le plus cher ; il faut que je m'appuie contre le poêle, dussé-je passer par la fenêtre !
- Tu n'entreras pas, dit le chien, et si tu entrais, c'en serait fait de toi. *
- C'en est déjà fait de moi, dit le Bonhomme de neige ; l'envie me détruit.
Toute la journée il regarda par la fenêtre. Du poêle sortait une flamme douce et caressante ; un poêle seul, quand il a quelque chose à brûler, peut produire une telle lueur ; car le soleil ou la lune, ce ne serait pas la même lumière. Chaque fois qu'on ouvrait la porte, la flamme s'échappait par-dessous. La blanche poitrine du Bonhomme de neige en recevait des reflets rouges.
- Je n'y puis plus tenir ! C'est si bon lorsque la langue lui sort de la bouche !
La nuit fut longue, mais elle ne parut pas telle au Bonhomme de neige. Il était plongé dans les idées les plus riantes.


Au matin, la fenêtre du cellier était couverte de givre, formant les plus jolies arabesques qu'un Bonhomme de neige pût souhaiter ; seulement, elles cachaient le poêle. La neige craquait plus que jamais ; un beau froid sec, un vrai plaisir pour un Bonhomme de neige. Un coq chantait en regardant le froid soleil d'hiver. Au loin dans la campagne, on entendait résonner la terre gelée sous les pas des chevaux s'en allant au labour, pendant que le conducteur faisait gaiement claquer son fouet en chantant quelque ronde campagnarde que répétait après lui l'écho de la colline voisine. Et pourtant le Bonhomme de neige n'était pas gai. Il aurait dû l'être, mais il ne l'était pas. Aussi, quand tout concourt à réaliser nos souhaits, nous cherchons dans l'impossible et l'inattendu ce qui pourrait arriver pour troubler notre repos ; il semble que le bonheur n'est pas dans ce que l'on a la satisfaction de posséder, mais tout au contraire dans l'imprévu d'où peut souvent sortir notre malheur. C'est pour cela que le Bonhomme de neige ne pouvait se défendre d'un ardent désir de voir le poêle, lui l'homme du froid auquel la chaleur pouvait être si désastreuse. Et ses deux gros yeux de charbon de terre restaient fixés immuablement sur le poêle qui continue à brûler sans se douter de l'attention attendrie dont il était l'objet.
- Mauvaise maladie pour un Bonhomme de neige ! Pensait le chien. Ouah ! Ouah ! Nous allons encore avoir un changement de temps !
Et cela arriva en effet : ce fut un dégel. Et plus le dégel grandissait, plus le Bonhomme de neige diminuait. Il ne disait rien ; il ne se plaignait pas ; c'était mauvais signe.


Un matin, il tomba en morceaux, et il ne resta de lui qu'une espèce de manche à balai. Les enfants l'avaient planté en terre, et avaient construit autour leur Bonhomme de neige.
- Je comprends maintenant son envie, dit le chien. C'est ce qu'il avait dans le corps qui le tourmentait ainsi ! Ouah Ouah !
Bientôt après, l'hiver disparut à son tour.
- Ouah ! ouah ! aboyait le chien ; et une petite fille chantait dans la cour : Ohé ! Voici l'hiver parti Et voici Février fini ! Chantons : Coucou! Chantons! Cui…uitte ! Et toi, bon soleil, viens vite !


Personne ne pensait plus au Bonhomme de neige.


Conte d'Andersen



 











 



































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A propos de moi






























































conte canadien
Les contes de Jos Violon





Titange

Ca, c'est un vrai conte de Noël, si y en a un ! dit le vieux Jean Bilodeau. Vous en auriez pas encore un à nous conter, Jos ? Vous avez le temps d'icitte à la messe de mênuit.

– C'est ça, encore un, père Jos ! dit Phémie Boisvert. Vous en sauriez pas un sus la chasse-galerie, c'te machine dont vous venez de parler ?
- Bravo ! s'écria tout le monde à la ronde, un conte de Noël sur la chasse-galerie !

Jos Violon ne se faisait jamais prier.

– Ça y est, dit-il. Cric, crac, les enfants... Parli, parlo, parlons... Exétéra...

Et il était entré en matière :

C'était donc pour vous dire, les enfants, que, c't'année-là, j'avions pris un engagement pour aller travailler de la grand'hache, au service du vieux Dawson, qu'avait ouvert un chanquier à l'entrée de la rivière aux Rats, sus le Saint-Maurice, avec une bande de hurlots de Trois-Rivières, où c'qu'on avait mêlé tant seurement trois ou quatre chréquins de par en-bas.

Quoique les voyageurs de TroisRivières soient un set un peu roffe, comme vous verrez tout à l'heure, on passit pas encore un trop mauvais hiver, grâce à une avarie qu'arriva à un de nous autres, la veille de Noël au soir, et que je m'en vas vous raconter.

Comme pour équarrir, vous savez, y faut une grand'hache avec un piqueux, le boss m'avait accouplé avec une espèce de galvaudeux que les camarades appelaient - vous avez qu'à voir ! - jamais autrement que Titange.

Titange ! c'est pas là, vous allez me dire, un surbroquet ben commun dans les chantiers. J'sus avec vous autres; mais enfin c'était pas de ma faute, y s'appelait comme ça.

Comment c'que ce nom-là y était venu ?

Y tenait ça de sa mère... avec une paire d'oreilles, mes amis, quéraient pas manchotes, je vous le persuade. Deux vraies palettes d'avirons, sus vot' respèque !

Son père, Johnny Morissette, que j'avais connu dans le temps, était un homme de chantier un peu rare pour la solidité des fondations et, quoique d'un sang ben tranquille, un peu fier de son gabareau, comme on dit.

Imaginez la grimace que fit le pauvre homme quand, un beau printemps, en arrivant chez eux après son hivernement, sa femme vint y mettre sous le nez une espèce de coquecigrue qu'avait l'air d'un petit beignet sortant de la graisse, en disant : "Embrasse ton garçon ! "

– C'est que ça ? que fait Johnny Morissette qui manquit s'étouffer avec sa chique.
- Ça, c'est un petit ange que le bon Dieu nous a envoyé tandis que t'étais dans le bois.
- Un petit ange ! que reprend le père. Eh ben, vrai là, j'crairais plutôt que c'est un commencement de bonhomme pour faire peur aux oiseaux !

Enfin, y fallait ben le prendre comme il était, c'pas; et Johnny Morissette, qu'aimait à charader, voyait jamais passer un camarade dans la rue sans y crier :

– T'entres pas voir mon p'tit ange ?

Ce qui fait, pour piquer au plus court, que tout le monde avait commencé par dire le p'tit ange à Johnny Morissette, et que, quand le bijou eut grandi, on avait fini par l'appeler Titange tout court.

Quand je dis " grandi ", faudrait pas vous mettre dans les ouïes, les enfants, que le jeune homme pût rien montrer en approchant du gabarit de son père. Ah ! pour ça, non ! Il était venu au monde avorton, et il était resté avorton. C'était un homme manqué, quoi ! à l'exception des oreilles.

Et manquablement que ça le chicotait gros, parce que j'ai jamais vu dans toute ma vie de voyageur, ni sus les cages ni dans les bois, un petit tison d'homme pareil. C'était gros comme rien, et pour se reconsoler, je suppose, ça tempêtait, je vous mens pas, comme vingt-cinq chanquiers à lui tout seul.

À propos de toute comme à propos de rien, il avait toujours la hache au bout du bras et parlait rien que de tuer, d'assonuner, de massacrer, de vous arracher les boyaux et de vous ronger le nez.

Les ceusses qui le connaissaient pas le prenaient pour un démon, comme de raison, et le craignaient comme la peste; mais moi je savais ben qu'il était pas si dangereux que tout ça. Et pi, comme j'étais matché avec, c'pas, fallait ben le prendre en patience. Ce qui fait qu'on était restés assez bons amis, malgré son petit comportement.

On jasait même quèque fois sus l'ouvrage, sans perdre de temps, ben entendu.

Un bon matin - c'était justement la veille de Noël - le v'là qui s'arrête tout d'un coup de piquer et qui me fisque dret entre les deux yeux, comme quèqu'un qu'a quèque chose de ben suspèque à lâcher.

Je m'arrête étout moi, et pi j'le regarde.

– Père Jos ! qu'y me dit en reluquant autour de lui.
- Quoi c'que y a, Titange ?
- Êtes-vous un homme secret, vous ?
- M'as-tu jamais vu bavasser ? que je réponds.
- Non, mais je voudrais savoir si on peut se fier à votre indiscrétion.
- Dame, c'est selon, ça.
- Comment, c'est selon ?
- C'est-à-dire que s'il s'agit pas de faire un mauvais coup...
- Y a pas de mauvais coup là-dedans ; y s'agit tant seurement d'aller faire un petit spree à soir chez le bom' Câlice Doucet de la banlieue.
- Queue banlieue ?
- La banlieue de Trois-Rivières, donc. C'est un beau joueur de violon que le bom' Câlice Doucet; et pi les aveilles de Noël, comme ça, y a toujours une trâlée de créatures qui se rassemblent là pour danser.
- Mais aller danser à la banlieue de Trois-Rivières à soir ! Quatre-vingts lieues au travers des bois, sans chemins ni voitures... viens-tu fou ? avons pas besoin de chemins ni de voitures.
-Comment ça ? T'imagines-tu qu'on peut voyager comme des oiseaux ?
- On peut voyager ben mieux que des oiseaux, père Jos.
- Par-dessus les bois pi les montagnes ?
- Par-dessus n'importe quoi. -J'te comprends pas !
-Père Jos, qu'y dit en regardant encore tout autour de nous autres pour voir si j'étions ben seux, vous avez donc pas entendu parler de la chasse-galerie, vous ?
- Si fait.
- Eh ben ?
- Eh ben, t'as pas envie de courir la chasse-galerie, je suppose !
- Pourquoi pas ? qu'y dit, on est pas des enfants.

Ma grand' conscience ! en entendant ça, mes amis, j'eus une souleur. Je sentis, sus vot' resp'eque, comniu une haleine de chaleur qui m'aurait passé devant la physionomie. Je baraudais sur mes jambes et le manche de ma grand'hache me fortillait si tellement dans les mains que je manquis la ligne par deux fois de suite, c'qui m'était pas arrivé de l'automne.

– Mais, Titange, mon vieux, que je dis, t'as donc pas peur du bon Dieu ?
- Peur du bon Dieu ! que dit le chéti en éclatant de rire. Il est pas par icitte, le bon Dieu. Vous savez pas qu'on l'a mis en cache à la chapelle des Forges ? Par en-bas, je dis pas; mais dans les hauts, quand on a pris ses précautions, d'abord qu'on est ben avec le Diable, on est correct.
- Veux-tu te taire, réprouvé ! que j'y dis.
- Voyons, faites donc pas l'habitant, père Jos, qu'y reprend. Tenez, je m'en vas vous raconter comment que ça se trime, c't'affaire-là.

Et pi, tout en piquant son plançon comme si de rien n'était, Titange se mit à me défiler tout le marmitage. Une invention du Démon, les enfants ! Que j'en frémis encore rien que de vous répéter ça.

Faut vous dire que la ville de TroisRivières, mes petits coeurs, si c'est une grosse place pour les personnes dévotieuses, c'est ben aussi la place pour les celles qui le sont pas beaucoup. Je connais Sorel dans tous ses racoins; j'ai été au moins vingt fois à Bytown, "là où c'qu'y s'ramasse ben de la crasse", comme dit la chanson; eh ben, en fait de païens et de possédés sus tous les rapports, j'ai encore jamais rien vu pour bitter le faubourg des Quat'-Bâtons à Trois-Rivières. C'est, m'a dire comme on dit, hors du commun.

C'que ces flambeux-là sont capables de faire, écoutez : quand ils partent l'automne, pour aller faire chanquier sus le Saint-Maurice, ils sont ben trop vauriens pour aller à confesse avant de partir, c'pas; eh ben comme ils ont encore un petit brin de peur du bon Dieu, ils le mettent en cache, à ce qu'y disent.

Comment c'qu'y s'y prennent pour c't'opération-là, c'est c'que je m'en vas vous espliquer, les enfants - au moins d'après c'que Titange m'a raconté.

D'abord y se procurent une bouteille de rhum qu'a été remplie à mênuit, le Jour des morts, de la main gauche, par un homme la tête en bas. Ils la cachent comme y faut dans le canot et, rendus aux Forges, y font une estation. C'est là que se manigance le gros de la cérémonie.

La chapelle des Forges a un perron de bois, c'pas; eh ben, quand y fait ben noir, y a un des vacabonds qui lève une planche pendant qu'un autre vide la bouteille dans le trou en disant :

- Gloria patri, gloria patro, gloria patrum !

Et l'autre répond en remettant la planche, à sa place :

- Ceusses qu'ont rien pris en ont pas trop d'une bouteille de rhum.
- Après ça, que dit Titange, si on est correct avec Charlot, on a pas besoin d'avoir peur pour le reste de l'hivernement. Passé la Pointe-auxBaptêmes, y a pus de bon Dieu, y a pus de saints, y a pus rien ! On peut se promener en chasse-galerie tous les soirs si on veut. Le canot file comme une poussière, à des centaines de pieds au-dessus de terre; et d'abord qu'on prononce pas le nom du Christ ni de la Vierge, et qu'on prend garde de s'accrocher sus les croix des églises, on va où c'qu'on veut dans le temps de le dire. On fait des centaines de lieues en criant : Jack !
- Et pi t'as envie de partir sus train-là à soir ? que j'y dis.
- Oui, qu'y me répond.
- Et pis tu voudrais m'emmener ?
- Exaltement. On est déjà cinq; si vous venez avec nous autres, ça fera six : juste, un à la pince, un au gouvernaü et deux rameurs de chaque côté. Ça peut pas mieux faire. J'ai pensé à vous, père Jos, parce que vous avez du bras, de l'oeil pi du spunk. Voyons, dites que oui, et j'allons avoir unfun bleu à soir.
- Et le saint jour de Noël encore ! Y penses-tu ? que je dis.
- Quins ! c'est rien que pour le fun; et le jour de Noël, c'est une journée de fun. La veille au soir surtout.

Comme vous devez ben le penser, les enfants, malgré que Jos Violon soye pas un servant de messe du premier limaro, rien que d'entendre parler de choses pareilles, ça me faisait grésiller la pelure comme une couenne de lard dans la poêle.

– Pourtant, faut vous dire que j'avais ben entendu parler de c't'invention de Satan qu'on appelle la chasse-galerie; que je l'avais même vue passer en plein jour commeje vous l'ai déjà dit, devant l'église de Saint-Jean-Deschaillons; et que je vous cacherai pas que j'étais un peu curieux de savoir comment c'que mes guerdins s'y prenaient pour faire manoeuvrer c'te machine infernale. Pour dire comme de vrai, j'avais prèsquement envie de voir ça de mes yeux.
- Eh ben, qu'en dites-vous, père Jos ? que fait Titange. Ça y est-y ?
- Ma frime, mon vieux, que je dis dit-il, je dis pas que non. T'es sûr que y a pas de danger ?
- Pas plus de danger que sus la main; je réponds de toute !
- Eh ben, j'en serons, que je dis. Quand c'qu'on part ?
- Aussitôt que le boss dormira, à neuf heures et demie au plus tard.
- Où ça ?
- Vous savez où c'qu'est le grand canot du boss ?
- Oui.
- Eh ben, c'est c'ty-là qu'on prend; soyez là à l'heure juste. Une demi-heure après, on sera cheux le bom' Câlice Doucet. Et pi, en avant le quick step, le double-double et les ailes de pigeon ! Vous allez voir ça, père Jos, si on en dévide une rôdeuse de messe de mênuit, nous autres, les gens de Trois-Rivières...

Et en disant ça, l'insécrable se met à danser sus son plançon un pas d'harlapatte en se faisant claquer les talons, conune s'il avait déjà été dans le milieu de la place chez le bom' Câlice Doucet à faire sauter les petites créatures de la banlieue de Trois-Rivières.

Tant qu'à moi, ben loin d'avoir envie de danser, je me sentais grémir de peur.

Mais vous comprenez ben, les enfants, que j'avais mon plan.

Aussi, comme dit monsieur le Curé, je me fis pas attendre. À neuf heures et demie sharp, j'étais rendu avant les autres et j'eus le temps de coller en cachette une petite image de l'Enfant Jésus dret sour la pince du canot.

– Ça c'est plus fort que le Diable, que je dis en moi-même; et j'allons voir c'qui va se passer.
- Embarquons, embarquons vite ! que dit Titange à demi haut à demi bas, en arrivant avec quatre autres garnements et en prenant sa place au gouvernail. Père Jos, vous avez de bons yeux, mettez-vous à la pince et tenez la bosse. Les autres, aux avirons ! Personne a de scapulaire sus lui ?
- Non.
- Ni médailles ?
- Non.
- Ni rien de bénit, enfin ?
- Non, non, non !
- Bon ! Vous êtes tous en place ? Attention là, à c't'heure ! et que tout le monde répète par derrière moi : " Satan, roi des Enfers, enlève-nous dans les airs ! Par la vertu de Belzébuth, menénous dret au but ! Acabris, acabras, acabram, fais-nous voyager par-dessus les montagnes !" Nagez, nagez, nagez fort... à c't'heure !

Mais j't'en fiche, on avait beau nager, le canot grouillait pas.

– Quoi c'que ça veut dire, ça, bout de crime ? que fait Titange. Vous avez mal répété : recommençons !

Mais on eut beau recommencer, le canot restait là, le nez dans la neige, comme un corps sans âme.

– Mes serpents verts ! que crie Titange en lâchant une bordée de sacres; y en a parmi vous autres qui trichent. Débarquez les uns après les autres, on voira ben.

Mais on eut beau débarquer les uns après les autres, pas d'affaires ! la machine partait pas.

– Eh ben, j'y vas tout seul, mes calvaires ! et que le gueulard du SaintMaurice fasse une fricassée de vos tripes ! " Satan roi des Enfers... " Exétéra.

Mais il eut beau crier : "Fais-moi voyager par-dessus les montagnes", bernique ! Le possédé était tant seurement pas fichu de voyager par-dessus une clôture.

Le canot était gelé raide.

Pour lorse, comme dit monsieur le curé, ce fut une tempête que les cheveux m'en redressent encore rien que d'y penser.

– Ma hache ! ma hache ! que criait Titange en s'égosillant comme un vrai nergumène. Je tue, j’ assomme, j'massacre ! Ma hache !

Par malheur, y s'en trouvait ben, une de hache, dans le fond du canot.

Le malvat l'empoigne, et dret deboute sus une des tôtes, et ses oreilles de calèche dans le vent, y la fait tourner cinq ou six fois autour de sa tête, que c'en était effrayant. Y se connaissait pus !

C'était une vraie curiosité, les enfants, de voir ce petit maigrechigne qu'avait l'air d'un maringouin pommonique et pi qui faisait un sacacoua d'enfer, qu'on aurait dit une bande de bouledogues déchâinés.

Tout le chantier r'soudit, c'pas, et fut témoin de l'affaire.

C'est au canot qu'il en voulait, à c't'heure.

– Toi, qu'y dit, mon cierge bleu ! J'ai recité les mots corrects; tu vas partir ou ben tu diras pourquoi !

Et en disant ça, y se lance avec sa hache pour démantibuler le devant du canot, là où c'qu'était ma petite image.

Bon sang de mon âme ! on n'eut que le temps de jeter un cri.

La hache s'était accrochée d'une branche, avait fait deux tours en y échappant des mains et était venue retimber dret sus le bras étendu du malfaisant que la secousse avait fait glisser les quat' fers en l'air dans le fond du canot. Le pauvre diable avait les nerfs du poignet coupés net. Ce soir-là, à mênuit, tout le chantier se mit à genoux et dit le chapelet en l'honneur de l'Enfant-Jésus.

Plusse que ça, le jour de l'an au soir, y nous arrivit un bon vieux missionnaire dans le chanquier, et on se fit pas prier pour aller à confesse tout ce que j'en étions, c'est tout c'que j'ai à vous dire; Titange le premier.

Tout piteux d'avoir si mal réussi à mettre le bon Dieu en cache, y profitit même de l'occasion pour prendre le bord de Trois-Rivières, sans viser un seul instant, j'en signerais mon papier, à aller farauder les créatures cheux le bom' Câlice Doucet de la banlieue.

Une couple d'années après ça, en passant aux Forges du Saint-Maurice, j'aperçus, accroupi sus le perron de la chapelle, un pauvre quêteux qu'avait le poignet tout crochi et qui tendait la main avec des doigts encroustillés et racotillés sans comparaison comme un croxignole de Noël.

En m'approchant pour y donner un sou, je reconnus Titange à Johnny Morissette, mon ancien piqueux.

Et cric, crac, cra ! Exétéra.

La Noël au Canada.



 











 
























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