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POÈMES INNOMÉS


 
Proposé par : CGagnon
Ajouté le: 02/29/2008
Catégorie : Divers
Consultations : 36
Commentaires : 0




POÈMES INNOMÉS

 

À la racine des neiges
le soleil boit ce long hiver
le bel été déjà s'accroche à nous
et la mer bleue monte à l'assaut du ciel
pour s'y confondre ce matin
à la rupture de ses glaces
Je sens dans le vent d'est
la subtilité des prochains jours
la tardive éclosion des mots
m'emporte au-dessus des villes
et la nuit plus furtivement chassera le jour
en déployant très lentement ses ailes
sans complicité ni regret
en un dépliement très lent de quatre vents
de quatre voiles et de nuages


    ***


N'être là
que pour voir ses yeux
Depuis longtemps
le sol s'est mu sous nos pas
depuis longtemps
nous savons efficacement vivre
maintenant
privé de ces proches
qui n'entendent pas
et nous courons à la source
où l'oeil originel
n'est troublé de rien
sinon de larmes
Et je repousse loin de toi
d'un coup de crayon
le dessein - le diable derrière
se fait angélique -
de nous priver de paraboles
L'ignorance
depuis longtemps
s'est prise le cou
au piège de la nouvelle
au chas de l'aiguille
agile à tes doigts


    ***


Salive de femmes
sur l'enfance de mes bras
les images rayonnaient sur la peau sombre
de septembre
toutes mes femmes m'entouraient
souvenir inouï des odeurs
cernes salins de leurs yeux
sur la plage multipliée de mes bras
Et je rentrais chez ces amantes de plein jour
selon l'innocent balancement des blés à couper
de septembre
Tous mes amis chez elles m'accompagnaient
entraient cueillir
les tatouages bleus
du livre incandescent de l'initié
et les images rayonnaient sur la peau sombre
de nos bras le soir
retour au foyer
au lit déjà fait
au rêve secret
des premiers baisers


    ***


Reviens travailler
sur l'enclume
de ta langue le poème
lame et houe
pour les champs de blé
pour les champs de guerre
de ta langue calleuse
malgré tes doigts minces
de bouddha
reviens couler
l'or et l'argent des mots
au creuset de ta sagesse
la forge te désire et le soufflet
ne respire que pour le feu
de ton âme
reviens
que la liberté s'éveille
de l'amour


    ***


Le soleil
passe sur mon visage pour l'éblouir
mais rien ne me délasse plus
en ce pays crevassé de douleurs
le soleil à la trace des hommes
jette d'inutiles chaleurs
car jamais plus ne s'élève vers lui
l'incantation soudaine des cris
Une eau démesurée déroule sous le ciel
les plages de l'oubli
sans pouvoir me séduire
à vouloir m'y étendre
Pour enserrer l'espoir
cette courbe de nos bras brûlants
et notre bouche se désole
à la recherche de sa fuite
Nous serons patients
jusqu'à l'épuisement de la lumière poursuivie
nous attendrons poings fermés sur les yeux
qu'une humaine chanson
réveille notre coeur


    ***


Si je recommence
c'est que je ne suis pas né
que le présent ne s'accorde pas
à mon passé
C'est que la terre autrefois glacée
n'a pas recouvré la chaleur
du temps où elle fuyait tes mains
pour le cycle des saisons
À l'abri de toi
à ton souffle dans ses jardins
au bruit de tes pas de père
promenade du soir
elle vivait
Mais depuis cette fugue
son présent non plus ne s'accorde pas
au futur que tu lui prépares
Et la parole depuis ce jour
désarçonnée ne reconnaît plus
la bouche qui l'a prononcée
et s'ennuie
errante et culbutée
dans les ronces et la vanité
Si je reviens au lieu
jamais abandonné
puisque retour vers toi
c'est que l'oubli n'existe pas
de ma genèse et de la nuit
douce et terrible de notre passion
ô ma mère ô Dieu naissant
douce et terrible de l'apparition
du corps et du sang
à la lueur de la lampe
dans le silence et le bris de l'attente
Et quelqu'un s'empare de lui
et le fait crier et le fait vivre
sans savoir pourquoi
pour toi qui t'imagines
sans l'embrasser qu'il ne t'aime pas
Si tu savais seulement sa soif déjà
tu te ferais source et toute mamelle
pour seulement sa bouche
Et l'homme ne veillerait pas aujourd'hui
tout nerf et tout pleur
à la fenêtre close de la morte maison


CGagnon

  

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*** Ma Planète ***