ENVOYER À UN AMI | CLAVARDAGE | SIGNET | GUIDE D'AIDE
MA PLANÈTE

Bienvenue, identifiez-vous ou inscrivez-vous !

Ma Planète c'est une place pour publier par passion, pour le plaisir, et pour le partage!! Après si c'est vu et commenté c'est tant mieux.

Partagez cette page avec :

Cliquez ici pour recevoir, tous les jours, dans votre courriel, une Belle chose de la vie


MENU:          

Histoires de mots, de maux


 
Proposé par : CROMAGNON
Ajouté le: 04/03/2019
Catégorie : Divers
Consultations : 4
Commentaires : 2




Histoire de mots, de maux !

Je suis un combattant, un guerrier des mots
J’ai pour ultime dessein de vaincre les maux
Livrant combat, je suis un homo textuel
Ma plume est mon épée, mon glaive manuel.

J’écris des vérités, dénoncer les folies
Je fais mal, là où je peux, la mélancolie
Remplit le cœur des impies, je sens leur détresse
A eux, la tristesse et grand stress, à moi l’allégresse !

L’arme est non létale, mais quelquefois fatale
Le résultat a un impact sociétal
Il marque les esprits, des grands et des petits
Le texte est plus fort que la balle d’un fusil !

Toujours écrire, comme si c’était la fin
Il me faut noircir la page, de jolis mots
De bons mots, de gentils mots, des mots au parfum
Subtil, sans forcer sur la pointe du stylo.

Si je prends d’un coup, soudain, trop de liberté
Dans le contenu du texte, je dois brider
Mes propos et calmer mes envies de clarté
Il n’est pas bon goût, d’avoir l’esprit débridé.

Laisser libre cours, pour rédiger un pamphlet
Au ton polémique, violent, agressif
L’art de l’écrit, sans essuyer un camouflet
C’est manier les maux, rester inoffensif !

Rendez-moi mes idées, vous mettez en danger
Mon identité ! Vous ne pouvez changer
Ce que je suis, jamais, je ne serai esclave
Je briserai mes chaînes, je vis sans entraves !

Vous avez peur et vous craignez la vérité
J’ai pour arme l’alphabet et pour bouclier
Du papier, je n’ai jamais démérité
Ou même cédé devant vos lois publiées.

Allons jouter de propos et de mots d’esprit
Il me plaît cher ami, de vous entendre enfin
Déclamer en des vers, cela sans parti-pris
Vos plus fins traits, rendez les moi, au meilleur prix !

Je suis preneur, je vous le dis, de vos saillies
A vous écouter, vous semblez un peu vieilli
Ne sentant plus l’élan de nouvelles réparties
Comment voulez-vous ainsi gagner la partie !

Je sais qu’avant de passer de vie à trépas
Vous me direz clairement ne m’oubliez pas
J’irai, pour ne plus subir vos maux, sans vergogne
Sur votre tombe, pisser sur votre tombe !

Travailler sur les mots à les rendre plus beaux
Les images, les rythmes, et leurs sonorités
L’élan créateur à la lueur des flambeaux
Qui me pousse à écrire avec célérité.

Entre l’emphase et le pathos des sentiments
A l’intime de ces lectures romantiques
Aux chants glorieux des combats et châtiments
Je suis perdu dans des méandres dramatiques.

Je promène mon cœur sur des chemins de terre
Parcourant tous les maux d’un univers lyrique 
A la fois posture et imposture, l’abécédaire
Des tons exprimés à la beauté esthétique.

J'aime les triturer, à l'endroit, à l'envers 
Entre mes mains, ils sont de petits instruments 
Avec eux, je façonne, je polis des vers 
Vers de terre et d'éther, que j'écris goulûment.

Je suis friand et avide, de traits d'esprit 
Savourant à la fois, l'humour et l'ironie 
Un bon mot, bien placé, j'en suis tout surpris
Un mot vulgaire, je le voue aux gémonies.

Les mots, il faut les manger doucement, sans bruit
Ils doivent glisser le long de votre œsophage 
Et arriver dans l'estomac, un goût de fruit 
Vous devez ressentir, l'oubli des Lotophages !

Je ne peux plus lutter et je perds le sommeil
Je crains ce mal en moi, peur de rester en éveil
J’ai contracté un jour, un de ces vilains maux
Frénésie de l’écrit, ce je, ce jeu de mots !

Que folie dans l’esprit ! Un combat de Titans
Les mots, ces sacrés mots ! Je les sens militants
Revendiquer leurs droits, oubliant leur devoir
De me laisser en paix et de souffler un soir !

Que me voulez-vous ? Qu’ai-je fait ? Pour supporter
Vos tourments, torturé ! Je l’avoue de porter
Des mots qui rêvent en secret, de liberté
De partir pour l’inconnu, vous avez gagné !

Courez ! Courez ! Quittez ce cerveau vers mes mains
Je les vois se bousculer sur le parchemin
Ils frétillent, tels des poissons, dans un bocal
S’agitent sans cesse, de leur vigueur bancale !

Ecoutez ! Tous mes mots, contrôlez vos humeurs
Je comprends vos ardeurs, vos envies d’escrimeurs
Prenez garde au chaos, laissez le temps, au temps
A trop vouloir, on perd, la chaleur du printemps !

Il est vrai ! J’ai écrit beaucoup et ils ont pris goût
Les mots, à se presser quand, malgré mon bagou
Je préférais les coucher sur du papier
Bref ! Ils continuent à me casser les pieds !

J’ai donc pris la route avec mes amis les mots 
Chassés de toutes parts, on nous crachait dessus
Etions traités pire que des animaux
Quelquefois battus, frappés à coups de massue.

Le nouveau gouvernement ne supportait pas 
Rejetait tout ce qui touchait à la culture
Etre un mot et on passait de vie à trépas
Comme çà, souvent par manque de nourriture.

Les mots étaient considérés comme anormaux
Ils devaient porter sur eux, une plume jaune
L’emblème littéraire, le pire des maux
Arrêtés et déportés, fusillés au pylône.

De sombres époques pour les mots, mais pourquoi
Tant de haine envers les lettres, tant de cris vains 
Car on pouvait voir dans les regards noirs, narquois
Des bourreaux, la colère envers les écrivains !

Tous les mots descendent les marches à pas feutrés
En rang serré, ils se dirigent vers l’écrit
Quelques uns, gaiement, se mettent à folâtrer
Sur le papier, en poussant de joyeux cris.

Un mot cassé qui trébuche sur le sol gras
D’un carton, aigri, usé par le mauvais temps
L’encre bleutée, desséchée d’un stylo ingrat
Refusant de travailler un jour de printemps.

Tous ces forçats, ouvriers du dictionnaire
En rangs serrés, page après page, leur boulot
C’est de renseigner ces petits tortionnaires
Et qui n’ont pas grand-chose dans le ciboulot.

Je vous le dis ! Les mots sont les nouveaux esclaves 
Pas de repos, congés payés, toujours trimer
Nous prennent littéralement pour des zouaves
Le pire c’est la poésie, il faut rimer !

Le poète surpris, par un tel vacarme 
S’énerve et interpelle les capricieux 
De l’ordre Messieurs ! Ayez peur du gendarme
Que je suis, je n’aime pas les séditieux !

Je veux de vous, sérieux et surtout grandeur
Seuls les plus beaux, seront choisis pour ce poème
Prenez-vous par la main, j’aime votre candeur 
Allez ! Vous, mes tendres mots, enfants de bohème !

Il est mort le poète ! Il est mort le rimeur
Un soir d'avoir écrit, un soir d'avoir décrit 
Les maux de ces mots, il était escrimeur
De vers, de jolis cris dans son manuscrit.

Sa vie était rime, quelquefois masculine
Pauvre, suffisante, mais le plus souvent riche 
La plupart du temps, en compagnie féminine 
Car il savait la conjuguer en acrostiche.

Croisées et alternées, brisées ou embrassées 
Il aimait les femmes, ces amours tripartites 
Tout était épique et lyrique, embarrassé 
Pour un mauvais sonnet, il mourut d'une cuite.

J’ai ressenti dans la poésie populaire
La musique de l’âme et les chansons d’amour
Mélopées et mélodies dans le sanctuaire
Des poèmes anciens et des récits de cour.
 

Cliquez sur l'image pour la voir pleine dimension


 
 







*** Ma Planète ***