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Vague à l'âme.


 
Proposé par : marginal07
Ajouté le: 02/01/2008
Catégorie : Textes en proses
Consultations : 184
Commentaires : 0




Vague à l’âme.
Pendant encore combien de temps continueras-tu à me polluer toi que j’abreuve quotidiennement de mes eaux fluides et rafraîchissantes.
D’un geste magique tu me fais monter vers toi par le robinet pour étancher ta soif.. Toi qui me bois par habitude, connais-tu vraiment mon état de santé?
Tu m’avales, je te lave, je suis chaude, froide ou tiède et quelques fois brûlante..À tes yeux je suis devenu une denrée d’abondance et tu ne te préoccupes plus de m’économiser. Goutte à goutte tu me gaspilles.
Maintenant ma générosité a dépassé mes bornes, et cette goutte a aujourd’hui fait déborder le vase.N’en fais pas une tempête dans un ver d’eau me diras-tu? Mais je ne veux que te protéger, me montrer tel que je suis après toutes ces années. Aussi je veux t’exposer la profondeur de mon âme qui auparavant était suave et limpide. Maintenant à tes yeux je suis claire en apparence. Mais si je te posais cette question. Connais-tu vraiment la consistance de ce que as bu de moi aujourd’hui? As-tu bien disserné mes éléments chimiques? Es-tu bien informé? Je ne veux pas te faire la morale, loin de moi cette pensée. Mais si on parlait un peu de mes origines, m’écouterais-tu? S’il te plaît, essaie seulement de comprendre mon inquiétude. Et tu verras plus claire en moi. Mais tu hésiteras peut-être à me boire. Enfin voici mon histoire.
Au siècle dernier, je m’étais implantée au coeur d’un petit village qui après expansion est devenu cette grande ville que vous habitez.
L’eau potable était une denrée rare à cette époque de votre colonisation. Il fallait souvent parcourir de grandes distances pour s’en procurer.Vos pères de nobles pionniers qu’ils étaient ont souvent supplié le ciel afin qu’une source jaillisse de leur sol. À cause du progrès, la ville s’agrandissait toujours.
Les puits que l’on y creusait se tarissaient rapidement et la faible quantité d’eau ne pouvait plus suffire à la demande. Grâce à l’humilité et l’insistance de ces gens vertueux, les écluses des cieux furent ouverts pour eux, en passant par la terre d’où je tire mes origines.
Et cette remontée m’a demandée de nombreuses années d’effort. Je suis sortie des profondeurs de l’obscurité comme ça un matin sans savoir où j’allais. Entre deux rochers malgré de nombreux tumultes j’ai frayé mon courant avec force pour enfin percevoir la lumière du jour.
D’un jet svelte et langoureux, je propulsai mes eaux vives vers les basses terres. J’étais alors turbulente, sans direction, je coulais vers l’inconnu.
Puis vous avez abaissé ma pression en dirigeant le cours de mes eaux et je me sentais tellement plus calme. J’avais en moi un ardent désir de vous abreuver, de laver votre linge.. J’appréhendais de grandes choses afin de faciliter votre existence. J’étais la récompense de vos prières.
Et plusieurs ont criés. “O miracle” en me voyant sortir de la montagne. Que de beaux souvenirs je garde de vos ancêtres.. Car ils étaient si bons et généreux envers moi. J’étais si précieuse à leurs yeux que souvent on vénérait mes pouvoirs. Car dans les églises on me bénissait et lorsque j’étais aspergée, j’effectuais de grands miracles. Vos ancêtres se sentaient se sentaient tellement protégés par ces pouvoirs qui m’étaient donnés du ciel.
Je pouvais même calmer la foudre évitant ainsi le feu de l’éclair. Et vos pères se sentaient tellement apaisés lorsque l’orage était passée.
Et j’en recevais des louanges. Enivrée par leurs superstitions, je pleurais de joie remplissant ma tête de rêves. Et quelques fois dans mes rêveries je me transformais en immense océan. Mais ce goût salin que j’entrevoyais déjà me ramenais vite à la réalité, car mon rôle à moi est plus modeste et mes larmes plus douces. Et depuis belle lurette ces doux souvenirs m’ont aidés à garder la tête froide, je n’ai pas dépérie depuis toutes ces années.
J’ai coulée de tous mes flots sans jamais m’arrêter..
Avec nostalgie je replonge souvent dans le passé et je m’attriste aujourd’hui..
J’étais très heureuse à l’époque, car j’étais une source pure, sans additifs.
Je devenais si chaude lorsque vous plongiez dans mon intérieur. Du creux de mes vagues, à plein haleine je vous lavais, et j’étais si fière de perler sur votre corps. Vos souillures alors ne m’ébranlaient pas, car je les refoulais en dedans
Jadis je pouvais si facilement me purifier.
Puis vous avez commencé à abuser de moi.
Vous m’avez dispersée un peu partout, car je sortais par de nombreux tuyaux.
Vous avez creusé des digues, je prenais beaucoup d’expansion.
Mais mon côté rêveur cherchait un refuge.
Entraînée par une larme qui avait suinté de mon âme je me suis extirpée jusque dans un coin tranquille au coeur d’un grand parc où j’y ai établi mon nid. Comme un dernier repos, mon havre de paix pour m’abandonner à mes rêveries. Et là de nombreuses gens sont venus se reposer sur mes rives. Les enfants citadins y voyaient en moi une tendre amie. Sur mes eaux calmes flottaient souvent leurs petits voiliers, j’inspirais leurs rêves entrevoyant pour eux de grands voyages sur l’océan de leurs illusions.
Et le soir, à des heures parfois avancées de la nuit, j’entendais des amoureux se faire la cour. Mon ruissellement à cette époque était doux à leurs oreilles, comme une musique au coeur de ce silence nocturne.
D’un clair de lune je les reflétais sur le miroir de mes eaux et ces amoureux d’autrefois me rendait tellement limpide, j’étais alors claire comme le cristal
et tellement jeune à ma source. Et au défilement des années, je me délectais lorsque je les revoyais entourés d’une ribambelle d’enfants faisant la ronde autour d’eux.. Mais tout a basculé soudainement. Ces amoureux devenus trop vieux ne sont plus jamais revenus. Et leurs enfants un peu fanfarons s’amusent aujourd’hui avec des bateaux mécaniques qui déversent des résidus d’huile et de gaz qui m’intoxique. Et lorsque je repense à ces beaux jours, je ne peux retenir mes sanglots.
Mes larmes et mes eaux se mêlent ensemble. Larmes grossières, eaux usées tombées d’une averse de pluie trop acide. Et je refouille sans cesse mon passé ridé par mes larmes.
Car tous ces souvenirs que je garde de vous sont devenus des épaves qui émergent aujourd’hui de leur réalité meurtrière et destructive.
Méchamment vous avez rejeté en moi des débris de toutes sortes.
Vous m’avez souillée avec vos déchets..
Mes eaux sont devenues brouillées et stagnantes, j’hésite maintenant à vous abreuver. Car j’ai peur de vous détruire par ces nombreux virus qui m’habite.
J’ai souvent l’impression d’être contaminée.
Est-ce un cancer qui s’est développé dans mon sein?
Mais l’heure est grave, je dois vous dire la vérité..
Vous m’avez empoisonnée.
Moi qui suis le sang de votre âme citadine..
Aujourd’hui les amoureux sont devenus moins romantiques, je reflète la nuit une image floue d’eux-mêmes.La lune pâle obscurcie par votre pollution est à peine visible sur mon miroir terni par vos déchets de toutes sortes.
Il n’y a plus de petits poissons pour purifier mes algues qui pourrissent comme dans un marécage. Autour de moi tout est devenu bruyant..
J’étouffe de plus en plus, s’il vous plaît venez à mon secours.
Dans le plus profond de mes eaux je m’éteins, désormais ma vie est entre vos mains.. Respectez moi mes enfants.
Aujourd’hui plus triste que jamais je me laisse aller à mes rêveries.
Et en surface, d’un air d’aller comme pour me ranimer, des moineaux rêveurs effleurent encore mes pâles souvenirs.
Coule le temps coulent mes souvenirs..
Meurt le temps meurent mes souvenirs..
marginal07




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