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Lettre de Maryse à Jacques


 
Proposé par : jackharris
Ajouté le: 11/12/2008
Catégorie : Amour
Consultations : 69
Commentaires : 0




Dans cet extrait du roman "Les deux cœurs" il s’agit d’une lettre adressée à Jacques par Maryse depuis l’île de Noirmoutiers. Je rappelle qu’à cette époque la loi portait majorité à 21 ans, or Maryse était âgée de 20 ans tandis que Jacques comptait 21 printemps.
LORIENT, le 20 Juillet 1960,
" Mon Jacques, mon chéri,
                                     Me voici arrivée
" Dans ce pays lointain où je me sens mourir.
" Ne pouvant pas te voir, je suis désespérée,
" A peine suis-je ici que j’en voudrais partir.
" Qu’importe le décor de cette vaste plage !...
" Que me fait cet azur rayonnant de soleil !...
" L’océan m’indiffère et je songe au rivage
" Où j’ai laissé un bien qui n’a pas son pareil.
" Malgré ma liberté je me sens prisonnière
" Devant subir le poids du carcan qui m’étreint,
" La terre qui m’abrite est inhospitalière
" Car mon regard sans toi est à moitié éteint.
" Comment pourrais-je alors me trouver à mon aise ?
" Jouer avec mes sœurs? Rire avec mes parents ?
" Mon père, je l’ai su, a senti le malaise
" Se refuse à changer dans ses comportements.
" Je lutte, me débats, en sachant que ma mère
" Connaissant notre amour accepte notre union,
" Elle en a, très souvent, parlé avec mon père
" Qui préfère garder sa tête de cochon.
" Lors, je passe le temps devant une fenêtre
" A regarder les flots qui s’en viennent mourir ;
" Je pense et je repense, espérant que, peut-être,
" Ta pensée est vers moi. Puis, poussant un soupir
" J’attends que le facteur m’apporte un long message,
" Une lettre de toi, pour me réconforter,
" C’est sans doute trop tôt, je crois qu’il est plus sage
" Que j’attende à demain pour avoir ton courrier.
" Quand viendra cet instant, je serai plus tranquille
" Car j’ai senti ton mal au cours de nos adieux,
" Tu paraissais vaillant, tu étais fort habile,
" Mais je sais qu’en ton cœur tu implorais les cieux
" Pour qu’ils t’accordent, hé oui !... la force nécessaire
" De ne pas succomber, t’arracher à mes bras ;
" Ne vois pas un reproche en ces mots, au contraire !
" Que tu as dû souffrir ! te meurtrir ! En tout cas
" Tu peux être certain qu’à présent je te porte
" Un tel attachement que j’en reste étonnée,
" Vivre un si grand amour, vraiment, me réconforte,
" A toi je suis promise, oui, tu m’as envoûtée.
" Mon Jacques, mon amour, lorsque dans le drap blanc
"Le soir je me repose et je ferme les yeux,
" Que je me trouve, alors, étendue sur le flanc
" En épanchant mes pleurs dans le tissus soyeux,
" J’imagine t’avoir près de moi sur la couche
" Goûtant avidement ton langoureux baiser,
" Perdue dans une extase où s’entrouvre ma bouche,
" Un sommeil, très tardif, parvient à me gagner.
" Lutter !... Lutter encor !... Je dois lutter toujours
" Pour posséder la joie, le bonheur de la vie,
" L’attente a débuté, je compte le rebours,
" Seul cela me permet de rester en survie.
" Je voudrais en l’instant me blottir dans tes bras
" Et frémir sous ta main courant dans mes cheveux,
" Puis, en me caressant sentir ton embarras
" Lorsque ta main s’égare en un geste hasardeux.
" Hélas !... je suis trop loin, mon imagination
" N’est qu’un pâle reflet de nos moments intimes
" Mais tous ces souvenirs viennent en profusion
" Et j’apprécie vraiment ces sentiments sublimes.
" Mon Jacques bien aimé, reçoit par ce message
" La tendresse et l’amour que je peux te porter,
" Tu trouveras au bas de ma trop courte page
" La trace que j’ai faite en posant mon baiser."


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