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Femmes en Belgique depuis l'indépendance (1830) Ida de Crombrugghe
Ajouté le: 04/26/2018 00:00:00

 

IDA DE CROMBRUGGE SUR LE FRONT DE LA GUERRE FRANCO-PRUSSIENNE

Ida de Crombrugghe 1820 – 1875

 

Devant l’imminence d’un conflit entre la France et la Prusse, Léopold II se prépare à défendre la neutralité de la Belgique en mobilisant 120 000 hommes.  Parallèlement, la croix rouge s’organise.  La baronne Ida de Crombrugghe est chargée de mettre sur pied un comité de dames pour rassembler des fonds et des secours en nature (linge, pansements ….) et inciter les femmes à s’engager dans les services d’ambulances et des hôpitaux.

Le 19 juillet 1870, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse.   Dès le 20 août, répondant à l’appel de la croix rouge de Coblence, un premier groupe de dames belges, que dirige Ida de Crombrugghe quitte Bruxelles pour le front.  Le Journal d’une infirmière pendant la guerre de 1870-1871, qu’elle publie en 1871, sera réédité quatre fois.

Ida de Kerchove de Denterghem est née à Wondelgem le 16 décembre 1820.  Son père est sénateur et bourgmestre de Gand.  En 1842, elle épouse le baron Edouard de Crombrugghe qui meurt 6 ans plus tard, lui laissant deux fils.  Elle est institutrice et cultivée.  Elle reçoit des hommes d’Etat, s’intéresse à la politique, et est persuadée que l’instruction publique, et  particulièrement l’éducation des femmes, permettra l’émancipation des travailleurs.  Elle organise des conférences d’éducation populaire dans plusieurs villes, pour la Ligue de l’Enseignement.  Elle soutient Isabelle Gatti de Gamond dans ses projets, et collabore à la revue L’Education de la femme.  Elle traduit des œuvres de Fröbel dont les principes pédagogiques seront diffusés dans les écoles bruxelloises.  Elle est l’auteur d’ouvrages de réflexion et de contes pour enfants. 

Son amie, Constance Teichmann la rejoint sur le front dès la fin du mois d’août 1870, et fait bénéficier le groupe de son expérience médicale.  Les services de secours allemands sont débordés par l’arrivée massive de nombreux blessés.  Le groupe belge a la responsabilité du nouveau lazaret (hôpital de campagne) de Sarrebruck, un ensemble de baraques abritant plus de 200 blessés et malades.  Bien que la croix rouge soit reconnue, il y a des susceptibilités et il faut beaucoup de diplomatie pour faire accepter par les belligérants que des soldats des deux camps soient traités de la même façon.  Ida parvient à vaincre les résistances grâce notamment à sa connaissance de l’allemand.  Quand la mission du groupe prend fin, en octobre les volontaires sont envoyées à Metz où, au lendemain d’un siège éprouvant, la situation sanitaire est terrible.  En un mois, elles soignent 800 blessés.  En janvier 1871, après un bref retour à Bruxelles, elles repartent pour Cambrai, assiégée, et où l’armée française est en déroute.  Sous la menace des canons prussiens, elles installent l’hôpital de campagne au musée.  Audacieuse, Ida de Crombrugghe n’hésite pas à se rendre elle-même en secteur prussien pour en ramener des blessés français.

A la lecture de son journal, on est frappé par sa détermination, sa ténacité, ses réflexions visionnaires sur la sophistication des armes et l’engrenage de la vengeance.  Elle évoque les avantages que la France et la Prusse pourraient tirer de l’entente et de la coopération.  C’est un texte très humain dans lequel elle ne cache ni ses émotions, ni ses hésitations.  Elle décrit un régiment de mobilisés et s’en indigne :  « sont-ils vraiment des soldats, ces pauvres gens si mal vêtus, si mal équipés ».  Comme ceux qu’elle soigne, elle a le sentiment d’une guerre atroce « … où les soldats, comparses bien plus qu’acteurs, n’ont servi, en se faisant écraser par les obus, qu’à constater la supériorité des canons Krupp et l’habileté de certains chefs passés maîtres dans la manœuvre de ces terribles engins ».  Compatissante, elle ne doute pas de ce que peut penser un soldat africain : « Pauvre Ali, je crains que tu ne trouves que les européens, qui ont conquis ton pays sous prétexte de le civiliser, ne sont pas beaucoup moins féroces que les lions et les tigres du désert…. »

De retour en Belgique, Ida de Crombrugghe, impressionnée par l’activité des Comités de secours anglais et hollandais, défend l’idée que les comités belge et français ont beaucoup à apprendre pour améliorer leur organisation.

Elle meurt en 1875, à l’âge de 55 ans.

 

 



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